Rencontres Agriculture Demain / Agriculture, Alimentation et Santé – Ploufragan / 8 octobre 2010

Du pain sur la planche pour les Bretons / Guy Caro

Introduction : Préparation

  • Participation de Guy Caro, dans la salle, aux Rencontres « L’agriculture demain », qui, depuis le début 2010, ont précédé cette 4ème rencontre.
  • 27 avril. A Plémet, Pays du Centre Bretagne, Forum « Alimentation et Santé », organisé par « Le banquet ». Invité par G. Caro, président de « Le banquet », Frédéric Bernard, Délégué Général de Zoopôle Développement, présente une communication, en tant que « porte parole » de l’initiative du cycle de rencontres « L’Agriculture demain, le champ des possibles ». La communication prend place dans la table ronde « Le contexte national et mondialisé ».
  • 31 mai. A Zoopôle Développement, rencontre entre Claude Saunier, F. Bernard et G. Caro, notamment pour échanger sur le thème de la future rencontre du 8 octobre sur « Agriculture, alimentation et santé ».
  • 3 juin. Lettre de F. Bernard à G. Caro : C. Saunier a proposé le 31 mai que G. Caro rédige 2 notes de 2 pages :

→ Un « témoignage sur l’implication des sciences sociales dans la problématique nutritionnelle… » en vue d’une participation à la table ronde de la rencontre du 8 octobre.

→ Le point de vue de « Le banquet » pour diffusion aux participants lors de la rencontre.

  • 10 juin. E-mail de G. caro à C. saunier et F. Bernard et envoi de 6 documents :

→ « implications des sciences sociales et humaines dans la problématique alimentaire… ».

→ « Agriculture, alimentation et santé : des questions parfois confuses ».

→ Programme du Forum « Alimentation et santé » 27 avril 2010.

→ Et 3 documents mis à jour en juin 2010 : présentation de « Le banquet », CV et principaux travaux et publications de G. Caro.

  • 11 juin. Décision du Comité Scientifique des Rencontres d’inviter G. Caro en tant que « grand témoin » à la rencontre du 8 octobre.
  • 4 et 5 octobre. Contacts avec F. Bernard et entretien avec Jean-Eric Blochet, animateur de la rencontre, pour préparer les modalités d’intervention de G. Caro.
  • 8 octobre. Le texte « Implication des sciences sociales et humaines dans la problématique alimentaire » est mis à la disposition des participants, en fin de la rencontre, d’un commun accord entre G. Caro et les organisateurs.

Présentation

Sous mon chapeau, il y a 3 casquettes : médecin, enseignant-chercheur et président d’un organisme de recherche appliquée interdisciplinaire sur « le manger, le boire et la santé » qui se nomme « Le banquet ».

Après 6 ans de travail à l’Ecole Supérieure de Commerce de Rennes, principalement sur la « qualité globale de l’alimentation », « Gastronomie et tourisme » et « Mondialisation et terroirs », je pilote depuis le début 2010, un programme « Alimentation, agriculture, agroalimentaire et santé » essentiellement pour la Bretagne.

Deux citations

  1. « L’homme se nourrit de viande, de végétaux et d’imaginaire » de Claude Fischler, Directeur du Centre Edgar Morin, ancien Centre d’Etudes Transdisciplinaires « Sociologie, Anthropologie, Histoire » et auteur du livre « L’Homnivore » (Paris, Odile Jacob, 3 éditions 1990, 1993 et 2001).
  2. « Du pain sur la planche pour les Bretons » titre que j’ai choisi il y a quelques jours pour cette intervention.

Le hasard a bien fait les choses : vous avez entendu la dernière phrase de l’exposé d’Ambroise Martin : « Il y a du pain sur la planche ». Avec une petite nuance, nous sommes d’accord tous les deux sur ce point.

Deux remarques initiales

  1. Mon témoignage, ici, s’inscrit comme une contribution au vaste travail de réflexion engagé depuis mars 2010 par le Président de la Région, Jean-Yves Le Drian, pour – je cite – « trouver les formes d’une nouvelle alliance entre la Bretagne et ses agriculteurs ».
  2. Ce témoignage est issu d’une analyse de la situation bretonne en ce domaine, suivie des propositions qui se veulent constructives dans l’objectif d’améliorer cette situation.

Deux faiblesses, deux manques et deux besoins pour la Bretagne

A côté d’atouts, de points forts d’excellence, notamment sur la sécurité sanitaire des aliments et sur la traçabilité, la Bretagne, comparée à Paris et à quelques régions françaises et européennes, a quelques faiblesses, quelques manques et donc quelques besoins :

  1. de recherches appliquées et d’innovations au sens large du terme, interdisciplinaires entre des sciences de la vie et de la terre et des sciences sociales et humaines. Si elle en est une composante importante, la nutrition n’est pas l’alimentation. La nutrition animale n’est pas la nutrition humaine, même si elles sont liées.
  2. de cohérence dans une approche de la qualité globale de l’alimentation que je décline en 5 composantes : sécurité, goût et plaisir, nutrition-santé, relationnel et convivialité, enfin éthique. L’éthique qui concerne aussi les relations avec l’environnement et avec la solidarité, du local au global. Si les deux composantes sécurité et nutrition-santé ont des conséquences évidentes dans les relations « Alimentation et santé », les 3 composantes goût et plaisir, relationnel et convivialité, éthique, ont, elles aussi, des conséquences sur ces relations.

Le Breizh Paradox

Autre paradoxe breton, ce que j’ai nommé « Le Breizh Paradox » : le contraste entre les données épidémiologiques de l’obésité en Bretagne, relativement faible et certaines traditions et manières de manger des Bretons, tels cochon, beurre salé, gâteaux bretons sucrés, salés, beurrés.

Quelques propositions

Recherche, innovation et débat sociétal en Bretagne peuvent-ils s’affranchir du jacobinisme, du centralisme parisien dans ce domaine ?

En développant des études sur les particularités bretonnes « Alimentation et santé » et des propositions adaptées à ces particularités.

Un institut Breton de la Nutrition, un Conseil Régional de l’Alimentation, un Programme Régional Nutrition et Santé seraient-ils utiles non seulement à la Bretagne mais en apportant des contributions pertinentes à l’Institut Français de la Nutrition, au Conseil National de l’Alimentation et au Programme National Nutrition et santé ?

Un enjeu, un bénéfice secondaire pour la Bretagne

Parmi les résultats bénéfiques attendus, n’y aurait-il pas une contribution à l’amélioration de l’image de la Bretagne ? Pour rendre justice à la Bretagne et aux Bretons dans un domaine très sensible : les images caricaturales, dévalorisantes, injustes de l’agriculture et de l’agro-alimentaire bretons, et en conséquence de la Bretagne. Images diffusées avec complaisance, à l’intérieur et à l’extérieur de la Bretagne, notamment par certains médias dont les tirages augmentent grâce à des titres alarmistes, accusateurs, anxiogènes, tels des leurres pour les lecteurs-consommateurs.

Rendez-vous le 3 décembre 2010

Les éléments qui précèdent pourront être précisés d’ici au 3 décembre à Ploufragan, lors de la 6ème et dernière rencontre « Agriculture demain », destinée à présenter une synthèse et des propositions issues des 5 précédentes rencontres.

« Le banquet » a déjà engagé des dialogues avec divers interlocuteurs pour préparer une contribution à cette synthèse : avec Zoopôle développement, avec le conseil régional, avec le Conseil Général des Côtes-d’Armor, avec quelques industries agro-alimentairies, avec Produit en Bretagne, avec l’Institut de Locarn.

Ensuite, sont prévus des échanges avec l’Université de Bretagne Occidentale à Brest, avec l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, dont le siège est à Rennes, et avec des chercheurs sur l’Alimentation en dehors de la Bretagne, notamment à Paris et en Italie, au Piémont.

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