Le Breizh Paradox – BZH-PX

 » Il ne suffit pas que les choses soient bonnes à manger,
il faut encore qu’elles soient bonnes à penser  » Claude LEVI-STRAUSS

Résumé historique : 1974 – 1998 et 1999 – 2011

« Le banquet », est un organisme de recherche appliquée sur l’ensemble « le manger, le boire et la santé ».

Créé en 1999, il a eu comme partenaire principal, de 1999 à 2006, l’Ecole Supérieure de Commerce de Rennes (E.S.C.R.).

A l’origine, de 1974 à 1998, se trouve, avec l’association « Bretagne Alcool et Santé », une longue expérience de recherche appliquée interdisciplinaire sur « Manières de boire et alcoolisme », à partir du terrain breton : études, innovations de prévention et de thérapeutique, formation, publications scientifiques, professionnelles et pour le grand public.

Expérience jalonnée notamment par :

  • Une recherche interdisciplinaire et un ouvrage « Alcoolisme et Bretagne », direction Yvon Bertrand, économiste, chargé de recherche au CNRS et Guy Caro, médecin-psychiatre, 1 vol., 475 pages, Ed. Cirrees, Rennes 1977.
  • « Colloque National Recherche Prévention de l’Alcoolisme », 4 jours à Rennes en 1982.
  • « Cultures, manières de boire et alcoolisme » : 2 semaines à Rennes et Saint-Brieuc en 1983 ; Rencontre Internationale, 4 jours à Rennes en janvier 1984 ; et un ouvrage sous ce titre, sous la direction de Guy Caro et Jean-François Lemoine, 550 pages, Ed. « Bretagne, alcool et santé », Rennes 1984.
  • Colloque international « Manières de boire et alcoolisme, la complexité », 3 jours à Rennes en 1987. Piloté par un comité scientifique interdisciplinaire de 19 membres, sous la présidence d’Edgar Morin et Guy Caro. Suivi de la publication de l’ouvrage « De l’alcoolisme au bien boire », « sous la direction de Guy Caro, avec la participation d’Edgar Morin », 2 tomes, 738 pages, Ed. L’Harmattan, Paris 1990.
  • Ces activités et travaux vaudront à l’équipe porteuse de la recherche appliquée, une reconnaissance et une notoriété bretonne, nationale puis internationale (Europe, Amérique du Nord, Amérique latine…) dans les milieux intéressés par les questions « Le boire et l’alcoolisme » et « Vin et santé ». Notamment ICAA-CIPAT : Conseil International sur la Prévention de l’Alcoolisme et des Toxicomanies, à Lausanne ; et O.I.V. : Office International de la Vigne et du Vin, à Paris.
  • Les 7 et 8 mars 2002, en partenariat avec l’E.S.C.R., le Pôle Agronomique de Rennes et le Lycée Hôtelier de la Guerche de Bretagne, « Le banquet » a organisé, à Rennes, un colloque sur « Le manger, le boire et la santé » piloté par un comité scientifique interdisciplinaire de 19 membres avec une direction collégiale : Claude Fischler, directeur de recherche CNRS, Bertil Sylvander, directeur de recherche INRA et Guy Caro, médecin et enseignant-chercheur à l’E.S.C.R.
  • En 2003-2005, le Commissariat Général des Années France-Chine commandite à « Le Banquet » un Programme « Gastronomie, vins et tourisme » : pendant 19 jours, en 2004, Accueil de quatre délégations chinoises à Paris, Mont Saint-Michel et 6 départements : les quatre de la Région Bretagne, Loire-Atlantique et Maine et Loire. Pendant deux semaines, en 2005, invitation d’une délégation de « Le banquet » à Shanghai et dans la Province de Shandong : conférences-débats, un salon, accueil par des responsables économiques et politiques chinois.
  • En 2010, un travail a été réalisé sur « Alimentation, agriculture, agro-alimentaire et santé« , étroitement associé aux débats pilotés par la Région Bretagne et Zoopôle-Développement (Ploufragan et Saint-Brieuc).
  • A partir de janvier 2011, et prévu jusqu’en décembre 2014, un programme est en cours intitulé « Transmission intergénérationnelle du savoir-manger et du savoir-boire » – Breizh-Paradox – TRISMAB-BZH-PX. Ce projet concerne des territoires de 5 départements : ceux de la Région Bretagne et la Loire Atlantique.

Le Breizh Paradox. Un dépôt à l’I.N.P.I.

A partir du début 2010, l’équipe de « Le banquet » travaille sur un nouveau concept qu’elle intitule « Le Breizh Paradox » – BZH – PX. Les échos suscités par ce concept, en Bretagne, et au plan national, lors de réunions scientifiques ou de débats publics sur « Alimentation et santé », sont assez favorables pour que le concept soit affiné puis déposé à l’I.N.P.I. – Institut National de la Propriété Industrielle – en janvier 2011, dans les termes suivants :

Janvier 2011
Dépôt d’une enveloppe SOLEAU à l’I.N.P.I.
Institut National de la Propriété Industrielle

LE BREIZH PARADOX

Le concept de « BREIZH PARADOX » a été créé par Guy Caro, président de l’association « le banquet » en mars 2010, dans le cadre de la préparation d’un Forum « Alimentation et santé » qui s’est tenu le 27 avril 2010 à Plémet, en Centre Bretagne.

Sa première mention écrite, en dehors de « Le banquet », apparaît dans un courriel adressé le 19 avril à Freddy Thiburce, Responsable des Cercles Culinaires et de l’association « Amann Mad » et signé par Guy Caro pour l’inviter à intervenir lors du Forum.

Il est défini par le constat paradoxal suivant : la Bretagne est, en France, une région particulière par sa production et sa consommation relativement importantes de cochon, de beurre salé et de gâteaux sucrés, salés, beurrés. Elle est aussi l’une des trois régions françaises les moins touchées par l’obésité, avec les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes.

Ce classement est l’un des résultats de l’enquête ObEpi-Roche 2009 sur la prévalence de l’obésité en France. Cette particularité bretonne s’inscrit dans la durée : depuis la première enquête en 1997 et dans les enquêtes tous les 3 ans : 2000, 2003, 2006 et 2009.

A partir de ce constat, qui mérite d’être affiné par des études interdisciplinaires régulières en Bretagne, plusieurs questions peuvent être posées, notamment :

  • au plan breton : est-il judicieux, pour prévenir l’obésité en Bretagne, de diffuser vers l’ensemble de la population des recommandations nationales du type « Mangez moins de sel, de sucre, de gras ». Recommandations qui peuvent être judicieuses seulement pour des personnes et des groupes qui souffrent ou qui sont à risques de certaines pathologies ?
  • au plan national : les recommandations nationales de prévention de l’obésité peuvent-elles être uniformes ou doivent-elles, pour être judicieuses, s’adapter aux spécificités régionales françaises, d’une diversité bien connue et documentée, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest ?

Les enjeux du Breizh Paradox concernent certes la santé, mais aussi l’alimentation, l’agriculture, l’agroalimentaire, la communication, l’image de la Bretagne.

Un second Breizh Paradox – BZH – PX – Boissons alcoolisées et santé des jeunes

Les problèmes d’alcool d’une partie, certes minoritaire, des jeunes bretons sont de plus en plus préoccupants depuis une période récente : quelques années ; pour les jeunes eux-mêmes, pour leurs familles, leurs éducateurs, les médias et les responsables bretons.

La Bretagne et les jeunes bretons sont à nouveau montrés du doigt et désignés dans de multiples médias et dans l’opinion publique d’une marque dévalorisante, comme aux pires moments d’un passé où la Bretagne était désignée comme la région la plus touchée par l’alcoolisme en France : au milieu du XXème siècle, jusqu’autour de 1975 ; alors que la mortalité par alcoolisme n’a cessé de diminuer régulièrement depuis cette date.

Un phénomène très particulier dans l’ensemble de la vaste question « Manières de boire et problèmes d’alcool des jeunes » est stigmatisé, et, en même temps, extrait de son contexte global, européen, national, régional, social et culturel : c’est « l’alcoolisation », ciblée dans le temps et, souvent, dans l’espace ; dans le temps : fins de semaine, les jeudis soirs, vendredis soirs ou samedis soirs, à l’occasion d’événements ou de moments festifs ; dans l’espace : lieux festifs publics ou privés.

C’est pourquoi, encouragée par de nombreux parents, éducateurs et responsables bretons, l’équipe de « Le banquet », qui a une longue expérience d’études-actions sur « Jeunes et prévention des problèmes d’alcool » sur le terrain breton, a conçu et commencé à réaliser à partir de janvier 2012 une étude sur le Breizh Paradox – BZH – PX – Boissons alcoolisées et santé des jeunes.

Ce paradoxe breton est le suivant :

  • La région Bretagne est, en France, celle où se comptent le plus d’ivresses des jeunes.
  • C’est aussi l’une des régions où la proportion de jeunes qui boivent quotidiennement des boissons alcoolisées, notamment au cours des repas, est la plus faible.

A partir de ce constat paradoxal, une recherche-action apparaît nécessaire d’une part pour améliorer les connaissances sommaires, principalement quantitatives, publiées actuellement, d’autre part pour proposer des actions pertinentes sur le plan de la pédagogie et de la prévention ou de la réduction des risques.

Recherche-action : « … le concept de recherche-action inscrit dans l’histoire de « Bretagne Alcool et Santé » à partir de 1974 et surtout de 1981. Ce concept lie réflexion théorique et pratique sociale. Il s’agit, au sein d’une même équipe interdisciplinaire, de l’association étroite, permanente d’une recherche portant sur l’ensemble « manières de boire et problèmes d’alcool » et d’applications pour la prévention et la thérapeutique, avec une recherche évaluative. Dans un va et vient permanent coexistent et se questionnent mutuellement recherche et action, formation continue et développement. Extrait « De l’alcoolisme au bien boire », tome 1 p. 25-26, paragraphe « Recherche et recherche-action », 1 vol. 320 p., Ed. L’Harmattan, 1990.

Echanges entre « Le banquet » et des responsables économiques bretons / Un soutien du Conseil Régional de Bretagne

Un débat bien structuré, très animé, très vif sur l’avenir de l’agriculture et de l’agro-alimentaire bretons étroitement liés, se développe en Bretagne à partir du début 2010.

D’abord lors de la campagne qui a précédé les élections régionales en mars 2010. Ensuite, après ces élections, à l’initiative de Zoopôle-Développement puis du Conseil Régional de Bretagne. C’est dans ce cadre que des échanges, en privé et en public, ont eu lieu entre des responsables de « Le banquet » et des responsables économiques bretons.

1 – Des responsables d’une liste de représentants de l’agriculture et de l’agro-alimentaire parmi les candidats aux élections régionales. L’un de ces responsables, directeur d’une petite entreprise agro-alimentaire, a assuré, après les élections la continuité des contacts.

2 – Produit en Bretagne
Après ces 2 rencontres entre le Président, le Directeur de Produit en Bretagne et le Président de « Le banquet » dans le cadre d’un programme du Festival Interceltique de Lorient, début août 2010, le Directeur de Produit en Bretagne, dans un courrier, en date du 20 août au Président de « Le banquet » écrit notamment (extraits) :

« Nous avons pris connaissance de votre projet de recherche… Produit en Bretagne est directement concerné par les résultats de ces travaux, étant, par le métier de bon nombre de ses membres au cœur même des problématiques de filières agroalimentaires en Bretagne… La dimension pluridisciplinaire que vous prenez en compte pour approcher cette réalité économique et sociétale nous semble adaptée aux enjeux bretons… nous sommes particulièrement intéressés (sous réserve d’une étude probante qui viendrait étayer et éclairer votre hypothèse) par le concept de Breizh Paradox. Au nom de la santé publique cela va de soi, mais aussi par le formidable vecteur de communication que ce concept servirait à la Bretagne… Pour Produit en Bretagne, un tel concept, si sa consistance venait à se confirmer, serait un atout certain pour le développement commercial de nos entreprises aussi bien en France qu’à l’étranger, où le concept de French Paradox a déjà fait florès. Nous vous confirmons donc tout l’intérêt que nous portons à vos travaux et vous assurons de notre soutien dans la mesure de nos modestes moyens ».

3 – Un organisme fédérateur de responsables bretons
Le 9 septembre 2010, le Président de « Le banquet » est reçu par l’un des principaux responsables d’un organisme fédérateur de responsables bretons. Suite à une séance de travail d’environ 3 heures, celui-ci dans un courriel en date du 20 septembre écrit au Directeur de Produit en Bretagne (extraits) : « Nous avons eu une bonne séance de travail… Thème  « Le Breizh Paradox ». J’ai suggéré de créer un groupe de travail de 4 personnes maxi (4 responsables économiques sont proposés). Objet : préparer un dossier structuré qui serait présenté au « Conseil Régional »… après quelques précisions, il conclut « Je suis convaincu qu’il y a quelque chose à faire » …
4 – Un soutien du Conseil Régional de Bretagne
Après de nombreux entretiens et échanges avec plusieurs élus, vice-présidents, avec des responsables de services, des conseillers au Cabinet du Président, puis le Directeur de Cabinet, le Président du Conseil Régional adresse deux lettres à la Présidente et au Directeur de « Le banquet » :

  • le 17 octobre 2012 : engagement de soutien au programme 2011-2014.
  • Le 18 décembre 2012 : annonce du versement d’une subvention après une décision de la Commission Permanente réunie le 29 novembre 2012.

Un jalon

Le programme 2011-2014 est conçu comme un jalon pour construire des ressources, des outils durables au service de la société bretonne : avec des chercheurs, enseignants-chercheurs, praticiens de l’innovation et de la valorisation de la recherche ; des producteurs, transformateurs et distributeurs ; des décideurs, privés et publics ; et surtout la population bretonne dans son ensemble. Dans les champs suivants et à l’interface interdisciplinaire de ces champs :

  • Alimentation, agriculture, pêche, agroalimentaire et santé : alimentation et santé, boissons alcoolisées et santé des jeunes.

Le Breizh Paradox authentifié

Actualisation fin novembre 2013

« La montée en puissance progressive de l’intérêt suscité par le projet et le programme, en Bretagne et en France… » (extrait d’une note de G. Caro de juillet 2013) s’est confirmée et amplifiée.

En témoignent, notamment, les deux faits suivants :

  1. L’engagement d’un nouveau partenaire, à la fois économique et scientifique, reconnu, au niveau breton et au niveau national, parmi les meilleurs dans le champ « alimentation et santé » : l’Association Bleu-Blanc-Cœur (lettre du Président Pierre Weill, du 12.11.13).
  2. La reconnaissance de la pertinence du « Breizh Paradox » au niveau national. Ce concept a été authentifié à l’occasion de deux Rencontres et Colloque scientifiques de haut niveau.

Lors des deux événements scientifiques, le directeur de « Le banquet » est intervenu en public, en tant que « médecin-anthropologue – terrain : la Bretagne – enseignant-chercheur et coordinateur du colloque d’octobre 2014 en Bretagne ».

Il a présenté le concept de et la recherche commencée sur « Le Breizh Paradox » : le contraste entre la culture alimentaire des bretons, notamment la relative importance des productions et consommations de produits gras, salés et sucrés, et l’un des taux d’obésité les plus faibles parmi les régions françaises.

Puis il a posé une question : « Les travaux et publications dirigés par Claude Fischler et Estelle Masson, sociologues du Centre Edgar Morin à Paris, comparant 6 pays – Les USA, la Grande Bretagne, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et la France – ont montré la grande diversité des cultures alimentaires de ces pays et la singularité et la pertinence du « modèle alimentaire français ».

A l’intérieur de la France, on a pu constater aussi une grande diversité des cultures alimentaires régionales. Que pensez-vous, dans ce cadre, du « Breizh Paradox » ?

A Paris, les 14, 15 et 16 novembre 2013, se sont tenus les « Rencontres » et le Congrès du G.R.O.S. Groupe de Recherche sur l’Obésité et le Surpoids.

Le 14 novembre, Jean-Michel Lecerf, médecin, chef du service de nutrition de l’Institut Pasteur de Lille et Président du Conseil Scientifique du G.R.O.S., a répondu, en public à la question du directeur de « Le banquet ». « En effet, je connais le paradoxe breton. Il est peu étudié à ce jour. Il serait intéressant de développer des études en comparant la situation bretonne avec celles d’autres régions françaises… ».

A Paris, le 19 novembre 2013, s’est tenu un Colloque du « Fonds Français Alimentation et Santé » sur « Le modèle alimentaire français ».

Le principal intervenant a été Claude Fischler. Estelle Masson, (qui, par ailleurs est aussi enseignante à l’Université de Bretagne Occidentale à Brest) a été l’une des modératrices du colloque. C’est Claude Fischler qui a répondu, en public, au directeur de « Le banquet ». « En effet, parmi les régions françaises, la Bretagne brille par sa minceur… Il serait intéressant de développer des études sur ce « Breizh Paradox » ».

Pour comprendre le sens et l’importance de ces faits, il peut être utile de les situer face à la première lettre de « Produit en Bretagne » qui est devenu partenaire de « Le banquet » en 2013, suite à une réunion, à Quimper, le 2 mai 2013, entre d’une part Malo Bouessel du Bourg, Directeur, Loïc Hénaff, Vice-Président et Germain Le Dréau, Président de la Commission Commerce de Produit en Bretagne et d’autre part la Présidente et le directeur de « Le banquet ».

Extrait d’une lettre du Directeur de Produit en Bretagne au Président de « Le banquet » 20/08/2010 : « … nous sommes particulièrement intéressés (sous réserve d’une étude probante qui viendrait étayer et éclairer votre hypothèse) par le concept de Breizh Paradox. Au nom de la santé publique, cela va de soi, mais aussi par le formidable vecteur de communication que ce concept servirait à la Bretagne… Un tel concept, si sa consistance venait à se confirmer, serait un atout certain pour le développement commercial de nos entreprises, aussi bien en France qu’à l’étranger« .

Autre citation qui mérite attention : Un enseignant-chercheur en marketing d’Agrocampus Ouest. Extrait du compte-rendu d’une réunion sur le projet, 3 janvier 2012, compte-rendu validé par les participants du groupe de recherche TRISMAB – BZH – PX). « Le Breizh Paradox constitue la clé d’entrée de notre recherche et pourrait devenir un modèle de référence international« .